Notre système de retraite est-il en péril ?
C’est la question étudiée chaque année par le conseil d’orientation des retraites ( COR ) dans son rapport, publié au mois de juin.
Que nous apprend ce fameux rapport ? Et plus généralement, à quoi sert-il ?
👉🏻 Dans cet article, je vous propose un éclairage complet sur ce document clé et je vous résume les principales informations qu’il fallait retenir de l’édition 2024.
Et à la fin, je vous dirai si selon moi, le rapport du COR éclaire réellement le débat sur la politique à mener en matière de retraite…
Public : tous les actifs
📌 Au sommaire
Qu’est-ce que le COR ?
Le conseil d’orientation des retraites, communément appelé « le COR », a été créé en 2000.
Il s’agit d’un organisme indépendant, composé d’un président et de 41 membres :
- 16 représentants des organisations syndicales et patronales ;
- 9 représentants d’organismes de l’État ( directeur de l’INSEE, de la Sécurité sociale, du budget, etc. ) ;
- 8 parlementaires, députés et sénateurs ;
- 6 « personnalités qualifiées » ( économiste, directeur de recherche, etc. ) ;
- 2 représentants d’associations familiales et de retraités ( UNAF et HCFEA ).
Le COR est rattaché au Premier ministre, et son président est nommé par le gouvernement.
☝🏻 Le remplacement de l’ancien président au mois d’octobre dernier par Gilbert Cette, un économiste connu pour son soutien au Président Macron et à la réforme des retraites votée en avril 2024, a créé la polémique.
Quel est le rôle du COR ?
Pour résumer, on peut dire que le COR est chargé d’éclairer les choix des gouvernements successifs en matière de politique liée à la retraite.
👉🏻 Il participe à l’information sur le système de retraite français, analyse les impacts des réformes passées et des règles en place, formule des recommandations sur des réformes à venir…
☝🏻 Par exemple, le COR a été chargé en mai 2023 d’élaborer, avant la fin de l’année 2024, un rapport contenant des propositions de réforme sur les sujets des droits retraite liés aux enfants et de la pension de réversion.
🔗 Pour en savoir plus sur l’état d’avancement de ces travaux, vous pouvez lire mes articles dédiés : « Retraite et enfants : les réformes possibles » et « Réforme de la pension de réversion : les pistes envisagées ».
Il observe et suit également les politiques et les systèmes de retraite à l’international.
Quasiment chaque mois, le COR se réunit sur un thème bien spécifique, fixé à l’avance dans un agenda de travail, et analyse les effets ou les évolutions à prévoir de tel dispositif ou tel phénomène sociétal, démographique, économique, etc., sur le système de retraite et les retraités.
👉🏻 Depuis la loi sur les retraites de janvier 2014, l’instance est en outre chargée chaque année de publier, avant le 15 juin, une analyse détaillée du devenir du système de retraite : c’est le fameux rapport du COR.
À quoi sert le rapport du COR ?
Le rapport du COR a pour but d’examiner si le système de retraite français remplit bien les 3 objectifs suivants, qui lui sont assignés par la loi : pérennité financière, niveau de vie satisfaisant pour tous les retraités et équité entre les travailleurs, de même génération ou non. Le document dresse un état de la situation actuelle, mais tente aussi de prédire ce qui se passera dans les prochaines décennies.
👉🏻 Pour ce faire, il suit attentivement l’évolution de différents indicateurs comme le solde financier des régimes de retraite, ou encore le taux de remplacement ( c’est-à-dire ce que représente la totalité de ses pensions par rapport à son salaire d’activité ).
Que contient le rapport du COR ?
Document très fourni, le rapport du COR décrit la situation actuelle du système de retraite français et établit sa trajectoire prévisible, à législation inchangée, d’ici l’horizon 2070.
À partir d’hypothèses économiques et démographiques, le rapport examine si, dans les prochaines décennies, le système de retraite sera en mesure de répondre aux 3 objectifs d’équilibre financier, de niveau de vie satisfaisant et d’équité entre les retraités actuels et futurs.
Si le COR constate que le système de retraite risque de s’éloigner de ses missions premières à plus ou moins long terme, il prescrit des solutions pour rétablir la situation, dont je vous parlerai un peu plus loin.
👉🏻 Ainsi, le rapport du COR est toujours un peu construit de la même façon :
🔵 une première partie décrit les hypothèses démographiques et économiques retenues pour effectuer les projections ;
🔵 une seconde partie se consacre à l’équilibre financier du système de retraite ;
🔵 une troisième partie se penche sur les deux autres objectifs de maintien d’un niveau de vie satisfaisant pour les retraités et d’équité ;
🔵 enfin, une quatrième partie s’intéresse à l’évolution passée et prévisible des conditions de passage en retraite et de l’âge de départ.
L’équilibre financier du système de retraite, l’information phare du rapport du COR
Même si le rapport du COR est un pavé de plusieurs centaines de pages riches en données et analyses, chaque année, une seule et même information semble intéresser les médias et les commentateurs : l’équilibre financier à venir du système de retraite… Autrement dit, la question de savoir si nos régimes de retraite sont viables financièrement sur la durée… C’est donc l’objectif de la pérennité financière qui cristallise toute l’attention !
Creusons un peu plus cette épineuse question…
Qu’est-ce que l’équilibre financier du système de retraite ?
Vous le savez peut-être : la retraite obligatoire en France fonctionne selon le principe de la répartition.
👉🏻 Cela signifie que chaque année, ce sont les cotisations versées par les actifs qui financent directement les pensions payées aux retraités.
Pour faire simple, on peut dire que notre système de retraite est un gigantesque compte financier ( il se chiffre en centaines de milliards d’euros ! ) dans lequel les ressources doivent permettre de financer les dépenses.
En d’autres termes, les cotisations des actifs doivent, aujourd’hui comme demain, permettre de financer les retraites que les travailleurs qui partent sont en droit d’attendre au regard de leur carrière, des droits qu’ils ont acquis, et surtout, des règles alors en vigueur…
🔎 Voyons avec cette infographie de quoi se composent les ressources et les dépenses du système de retraite, et quels sont les chiffres pour l’année 2023 écoulée…

Sur le papier, nos retraites sont donc à l’équilibre, et la balance penche même du bon côté pour cette année 2023…
Comment la retraite est-elle financée ?
Comme vous pouvez le constater, les cotisations vieillesse versées par les travailleurs ne sont pas les seules sources de financement du poste retraite.
L’État apporte également sa contribution : il équilibre chaque année le régime de ses agents, mais également certains régimes spéciaux en déficit, comme celui des mines. Normal, il s’agit d’un régime ancien qui ne compte aujourd’hui quasiment plus de cotisants, alors qu’il reste encore beaucoup de pensions à verser ( principalement, des pensions de réversion ).
Mais ça n’est pas tout ! Près de 20 % des retraites sont financées par d’autres sources :
- par des impôts et des taxes affectées à la protection sociale ( 14 % ), comme la CSG par exemple, que même les retraités paient s’ils n’en sont pas exonérés.
- par des transferts issus d’autres secteurs, famille et chômage principalement ( 4,5 % ).
👉🏻 Dire que les cotisations vieillesse des actifs paient les retraites n’est donc au final pas vraiment exact…
☝🏻 Le financement de la retraite représente près de 25 % des dépenses publiques totales. Après l’Italie, nous sommes l’un des pays qui y consacrent le plus de sa richesse au sein de l’OCDE.
L’équilibre financier est-il en péril ?
À peu près chaque année, le rapport du COR nous prédit, à législation inchangée, un système de retraite « durablement en déficit » à échéance plus ou moins lointaine, selon les hypothèses économiques prises.
La réponse du COR est donc positive : la pérennité financière de nos retraites ne serait pas assurée dans le futur, si on ne touche à rien.
Le rapport du COR est ainsi souvent mis en avant par les politiques favorables aux réformes des retraites, pour justifier ces dernières.
Car pour faire baisser les dépenses de retraite ( ou augmenter les ressources ), les gouvernements disposent de 3 leviers principaux, tous aussi impopulaires les uns que les autres :
1️⃣ augmenter les cotisations des travailleurs et des entreprises ;
2️⃣ diminuer le montant des retraites ;
3️⃣ diminuer la durée de la retraite, par le recul de l’âge légal ou l’augmentation de la durée demandée pour partir avec une pension sans décote ( qui pousse mécaniquement les travailleurs à partir plus tard ). Ces dernières décennies, c’est cette troisième solution qui a été privilégiée par les différentes réformes, ça ne vous aura pas échappé !
À mon sens, l’équilibre financier est une chose, mais le devenir de nos retraites, c’est avant tout un choix politique… Que veut-on ? Un système généreux pour les retraités, où l’on peut partir tôt, où les plus fragiles et les moins aisés bénéficient d’une solidarité, où on majore les droits de ceux qui ont eu des enfants, etc., mais qui coûte cher, ou des règles plus dures, mais qui permettent de dégager des économies pour d’autres postes de dépenses jugés plus prioritaires ( éducation, santé, justice, etc. ) ?
Que faut-il retenir du rapport annuel de juin 2024 ?
À présent, faisons le point sur les principaux enseignements à tirer de cette édition 2024 !
Les nouveautés du rapport 2024
Sur le plan des nouveautés, le COR a choisi cette année de ne mettre en avant qu’un seul scénario économique dans ses prévisions, par souci de lisibilité : celui du taux de croissance de 1 % ( il s’agit du taux de croissance annuelle de la productivité horaire du travail, pour être précis ! ). Exit donc les multiples courbes colorées du graphique illustrant l’éventail des hypothèses, des plus pessimistes aux plus optimistes.
☝🏻 Notez que les autres scénarios de croissance sont toujours étudiés, mais font l’objet d’une partie dédiée au sein du rapport.


Autre nouveauté : le COR a décidé de décaler vers le bas les hypothèses de croissance de la productivité du travail examinées. Jusqu’à présent comprises entre 0,7 % et 1,6 %, elles s’étendent désormais de 0,4 % à 1,3 %. Pourquoi ? L’instance évoque des scénarios plus raisonnables au regard de la baisse tendancielle constatée des gains de productivité, s’établissant à 0,4 % en moyenne sur les 10 dernières années ( contre 2,4 % sur la période 1980-2000 ).
Le COR fait également état de grandes incertitudes sur l’avenir de la productivité du travail : quels seront les effets des coûts liés à la transition écologique et à l’émergence de l’intelligence artificielle ? Cette question fait actuellement débat chez les économistes ( « techno-optimistes » contre « techno-pessimistes » ).
Un système de retraite durablement en déficit
Comme chaque année, les projections du COR ne sont pas particulièrement optimistes. Quel que soit le scénario de croissance envisagé, le solde des régimes de retraite resterait négatif dans les décennies à venir, et ce, malgré l’application de la réforme des retraites d’avril 2023.

Comment le COR explique-t-il la dégradation du solde des régimes de retraite ?
Selon le rapport, malgré des dépenses de retraite en diminution, les recettes diminueront davantage.
Des dépenses retraite qui vont diminuer
Cela peut paraître étonnant… On a tendance à penser que, la durée de vie s’allongeant, les pensions de retraite vont représenter une dépense toujours croissante dans notre économie dans les années à venir…
En réalité, il n’en est rien ! En effet, la population vieillit, et le nombre de retraités augmente toujours par rapport au nombre d’actifs, mais cet effet a été freiné par les différentes réformes des retraites mises en œuvre depuis une quinzaine d’années : l’âge de départ en retraite recule toujours plus. Selon les prévisions du COR ( et à législation retraite inchangée ), cet âge devrait s’établir aux alentours de 64 ans et demi d’ici 2070.
De plus, nous dit le rapport du COR, les pensions de retraite vont évoluer moins vite que les salaires d’activité du fait de leur indexation sur les seuls prix ( l’inflation ne sera pas toujours si élevée qu’actuellement ). Même si les retraites augmenteront, elles seront plus faibles par rapport aux revenus des actifs.
Le COR évoque également la baisse toujours croissante du rendement du régime complémentaire Agirc-Arrco : la valeur du point augmente en effet moins que son prix d’achat. En d’autres termes, il faut cotiser de plus en plus pour obtenir le même montant de pension.
🔗 Pour tout savoir sur le calcul des points Agirc-Arrco, vous pouvez lire mon article sur le sujet !
Des ressources qui diminueront cependant davantage
La baisse des dépenses de retraite ne peut s’apprécier qu’au regard de l’évolution des ressources qui servent à les financer.
Or, d’après le rapport du COR, les sources de financement de la retraite vont baisser également, pour 3 motifs :
🔵 l’Etat versera moins pour renflouer les caisses du régime de la fonction publique puisque les dépenses de retraite vont diminuer, et le déficit des régimes spéciaux ( RATP, SNCF, etc. ) va s’amenuiser avec le temps.
🔵les traitements des fonctionnaires relevant de la CNRACL ( agents territoriaux et hospitaliers ) vont diminuer : moins de masse salariale, donc moins de cotisations.
🔵 les versements en provenance d’autres branches de la protection sociale ( chômage et famille ) pour financer les retraites vont diminuer puisque les projections anticipent une baisse du nombre d’enfants, comme du nombre de chômeurs.
Les autres points clé à retenir
Le rapport du COR ne s’intéresse pas qu’à la trajectoire financière du système de retraite… Comme je vous le disais plus haut dans cet article, l’instance examine également si celui-ci répond bien à ses finalités : le maintien d’un niveau de vie satisfaisant pour les retraités, et l’équité de la retraite entre les travailleurs.
Qu’en est-il actuellement ?
Une baisse du niveau de vie des retraités par rapport au reste de la population
En 2021, le niveau de vie mesuré des retraités par rapport au reste de la population s’établissait à près de 99 % selon les études et les statistiques, après avoir atteint un pic de 106 % en 2014. Une hausse est ensuite attendue jusqu’en 2026, sous l’effet des dernières fortes revalorisations des pensions liées à l’inflation, et également au relèvement de la pension minimum par la réforme des retraites.
Mais le rapport du COR estime que ce chiffre se situera aux alentours de 83 % d’ici 2070, sous l’effet de pensions de retraite évoluant moins vite que les revenus du travail.
Le COR rappelle que, malgré ces statistiques, une part toujours croissante de l’opinion publique ( 47 % en 2022 selon une enquête réalisée par la DARES ) considère que les retraités ont un niveau de vie moins bon que le reste de la population.
Une retraite moins généreuse pour les générations futures
Pour mesurer l’équité du système de retraite entre les générations, le COR utilise et projette tout un tas d’indicateurs : durée de la carrière, montant des pensions, niveau des cotisations, etc.
Pour résumer, le rapport du COR nous indique que le système de retraite sera moins généreux avec les générations aujourd’hui plus jeunes en comparaison avec celles partant actuellement en retraite : les taux de cotisation seront plus élevés, les montants moyens de pension plus faibles, avec une durée de retraite qui s’allongera du fait des gains d’espérance de vie. En revanche, les carrières en emploi seront plus courtes, avec l’entrée plus tardive sur le marché du travail des jeunes et la précarisation de l’emploi.
👉🏻 Le rapport du COR projette notamment une diminution globale du taux de remplacement pour les générations futures, ce qui indique que l’objectif d’équité du système de retraite entre les générations n’est pas vraiment respecté : aujourd’hui de l’ordre de 75 % pour un salarié non-cadre du secteur privé né dans les années 60, il serait plus proche de 65 % pour les générations nées à la fin des années 90.
☝🏻 Le taux de remplacement exprime la part de la pension de retraite par rapport au dernier salaire d’activité. Si je touche 100 en travaillant et que j’obtiens 75 une fois en retraite, mon taux de remplacement est donc de 75 %.
La réduction programmée des inégalités hommes/femmes
Les inégalités entre les femmes et les hommes sur le plan du montant des retraites se réduisent progressivement : alors qu’en 2005, les femmes touchaient en moyenne 70 % de la retraite des hommes, le ratio atteint plus de 75 % en 2021.
👉🏻 Le rapport du COR prévoit que cette évolution va se poursuivre, du fait de l’amélioration des carrières féminines, sans toutefois s’effacer totalement. Le rapport atteindrait ainsi plus de 84 % en 2040, puis se stabiliserait aux environs de 93 % à partir des années 2060.
☝🏻 La pension de réversion contribue à réduire cet écart, mais son poids dans la retraite des femmes va diminuer avec le temps.
Toutes ces prévisions d’évolution du système de retraite ne sont pas nouvelles… On les retrouve, à peu de choses près, de manière tout à fait similaire dans les rapports du COR des années précédentes. Rien de nouveau donc sous le soleil !
En revanche, une donnée inédite mérite d’être soulignée dans ce rapport du COR 2024 : l’analyse de l’effet de la réforme des retraites d’avril 2023, avec des résultats pour le moins surprenants !
Les effets de la réforme des retraites de 2023
Le COR souligne à plusieurs reprises que les différentes réformes des retraites opérées depuis le début des années 2000 ont eu pour effet de contenir le déficit des régimes de retraite, en empêchant notamment les dépenses de retraite d’augmenter.
Cependant, le rapport 2024 nous apprend que si, à court terme, la réforme des retraites d’avril 2023 permet de réaliser des économies, à plus long terme, elle augmenterait les dépenses de retraite, car les pensions versées seraient plus élevées en moyenne ( ce qui est logique puisque l’on travaillera et cotisera plus longtemps ).
👉🏻 Le rapport du COR estime donc que la réforme des retraites de 2023 va permettre de réduire les dépenses de retraite de 1,1 % d’ici à 2030, mais les augmentera de 1,7 % à l’horizon 2070 du fait d’une augmentation globale de 2,4 % du montant des pensions versées…
De quoi s’interroger sur la pertinence de nos réformes sur la durée !
Que faire pour équilibrer le système des retraites ?
Dans l’édition 2024, comme chaque année, le COR présente ses simulations des différents leviers à actionner pour remettre les finances du système de retraite sur les rails.
Pour rappel, les gouvernements disposent de 3 outils pour agir sur le solde du système de retraite.
👉🏻 Voici les ajustements à réaliser sur chacun d’eux pour renouer durablement avec l’excédent financier :
1️⃣ repousser l’âge de la prise de retraite. Le COR indique que d’ici 2040, il serait nécessaire de reculer l’âge d’ouverture de la retraite ou le nombre de trimestres demandé pour le taux plein, de plus de 2 années ! Cela permettrait de porter l’âge moyen de départ en retraite à 66 ans d’ici 2070, contre les 64,5 ans projetés.
2️⃣ faire baisser les pensions. Le rapport du COR précise qu’il faudrait, d’ici 2030, baisser les pensions de 2 % pour atteindre l’équilibre en 2070.
3️⃣ augmenter les cotisations retraite. Le taux de prélèvement dédié au financement des retraites devrait augmenter de 1,7 % à l’horizon 2070 pour parvenir à combler le déficit.
☝🏻 Comme le rappelle le COR à plusieurs reprises, ces projections ont un but purement pédagogique et ne constituent pas des propositions de réforme. Le conseil d’orientation des retraites doit rester indépendant, et ne peut en aucun cas trancher sur la question politique de la nécessité ou non d’une nouvelle réforme des retraites.
De plus, le rapport du COR alerte sur le fait que chaque ajustement peut provoquer des effets « collatéraux » qui vont venir au final alourdir les finances publiques ou freiner la croissance : par exemple, augmenter l’âge de la prise de retraite va générer une hausse des dépenses sociales ( allocations chômage, maladie ou invalidité versées plus longtemps ), une baisse du bien-être, et comme nous l’avons vu juste avant, faire augmenter les dépenses de retraite sur le long terme, ce qui n’est pas vraiment l’effet escompté.
Baisser les pensions ou augmenter les cotisations peut avoir un effet sur la consommation, et donc ralentir l’activité économique et causer du chômage…
Le rapport du COR éclaire-t-il réellement le débat ?
Les analyses du COR permettent-elles à nos politiques de prendre des décisions éclairées sur la question des retraites ?
Je répondrai oui et non !
🔵 Oui, car les rapports du COR sont des documents très riches en informations, données et analyses, ce qui contribue forcément à éclairer le débat sur les retraites.
🔵 Non, car les prévisions du COR restent basées sur des hypothèses, qui sont par nature incertaines… D’ailleurs, le rapport du COR 2024 le précise d’entrée de jeu : en introduction de son rapport, il rappelle à quel point règne une grande incertitude sur l’évolution de la croissance économique dans les années à venir. D’ailleurs, les détracteurs du COR n’hésitent pas à dire que ce rapport ne sert à rien puisqu’il ne fait qu’émettre des théories, et qu’en définitive, personne ne peut prédire l’avenir !
Autre élément de nature à semer le trouble plus qu’à clarifier les choses : le solde financier du système de retraite serait très sensible à la moindre modification des hypothèses retenues. Un solde migratoire plus favorable que prévu ou une fécondité plus dynamique que projetée, et le système revient quasiment dans le vert ! Espérance de vie, croissance économique, taux de chômage, mais également politique du gouvernement sur la rémunération ou le nombre des fonctionnaires, etc. : autant de variables susceptibles d’aggraver ou d’améliorer les finances de nos régimes de retraite de manière significative dans le futur…
Cette analyse est terminée. Le rapport du COR n’a à présent plus aucun secret pour vous !
N’hésitez pas à me laisser votre commentaire ci-dessous si cet article vous a inspiré !
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